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NAO 2026 : la forme sans le fond !

il y a 12 minutes
3 min de lecture

Elles sont revenues, à l'heure, comme prévu au calendrier : les Négociations Annuelles Obligatoires. quatre réunions, un accord signé dans les temps. Rien à redire sur la forme — chez Ramsay, on a manifestement fini par considérer que la forme suffisait.


La CFDT s'était pourtant donné la peine de préparer un cahier revendicatif de 25 points, dûment remis en deuxième réunion Vingt-cinq points, cela suppose du travail, de l'écoute. Vingt-cinq points, balayés d'un revers de mains en 15 minutes chrono. 25 points restés lettre morte.


On continue d'appeler ça une « négociation » !  Il faut croire que les mots aussi finissent par s'user.


Faisons l'inventaire de ce qu'il reste, une fois le vernis retiré.


Une enveloppe d'augmentations individuelles de 360 000 euros pour les 1200 salariés de l’UES, contre 383 000 l'an dernier et qui a perdue 20 % en 2 ans.


Concrètement : Cette enveloppe permettra au mieux, d'augmenter un salarié sur cinq. Pour les autres, une nouvelle année blanche de plus.


Exit la garantie d'augmentation tous les trois ou quatre ans, qui existait et qui cette année à totalement disparu de l'accord proposé. Le filet de sécurité, n'aura pas résisté.


La règle du jeu est désormais limpide : Seuls ceux que la Direction juge indispensables auront droit à un morceau de cette enveloppe. Pour les autres, le message a le mérite de la clarté — pour être augmenté, il faut être promus, ou alors réussir à convaincre son manager que s’il ne le fait pas, l’entreprise risque d’y perdre énormément. Pour ceux qui n’y parviendront pas, il ne leur reste plus qu’à espérer bénéficier d'une prime exceptionnelle ou encore scruter le marché de l'emploi.


Alors oui ! La prime de vacances grimpe de 100 euros par an. Cela représente Huit euros trente-trois brut par mois, pour ceux qui aiment faire le calcul.


Les titres-restaurant passent à 10 euros (+0.2 euros par ticket * 218 = 44 euros) — une générosité qui, pour les salariés de Reiwa, sera aussitôt grignotée par la hausse d'au moins 1 euros du reste à charge, suite au déménagement de Season vers Reiwa. "Ce que l’on donne d'une main est immédiatement repris de l’autre".


Concernant la qualité de vie au travail, l'accord se contente d'un renvoi vers la négociation Groupe en cours — laquelle pourrait très bien ne pas aboutir avant mi-2027 dans le meilleur des cas. Un classique.


Le calcul se passe de commentaire.


Au-delà d'un budget en net recul et qui peut s’entendre eu égard à la situation économique de l’entreprise, ces NAO tiennent en une poignée de mesures qui ne concernent, en réalité, presque personne hormis la prime vacance. Les NAO se résument donc cette année à l’octroi d’une médaille pour une trentaine de salariés sur 1 200,et une augmentation des tickets restaurant financé à 40 % par les salariés eu même.


En ce qui concerne l'amélioration de la qualité de vie au travail, nous avions fait de nombreuses propositions et c'est la raison pour laquelle nous avons trouvé particulièrement décevant que la direction n'en reprenne aucune en préférant faire référence à un hypothétique accord Groupe, encore en négociation, et dont on sait déjà qu'il ignorera, comme dans le précédent accord, les spécificités des métiers de siège — à commencer par la gestion responsable de la charge de travail.


Autrement dit : la QVCT s'affiche en préambule, se décline dans les valeurs de l'entreprise, orne les slogans internes — mais s'évapore dès qu'il s'agit d'en parler sérieusement.


La Direction invoque trois années de déficit consécutives pour justifier la modestie des mesures financière. Soit, l'argument se tient. Mais alors, il faudrait peut-être cesser d'accompagner ce constat d'un discours managérial vantant l'engagement, la reconnaissance et le bien-être au travail — un discours qui, dans les faits, ne se traduit par rien. On ne motive pas des équipes à coups de éléments de langage quand les actes racontent l'inverse.


Reste une question plus embarrassante que les chiffres : celle de la loyauté de l'exercice lui-même. quatre réunions, des positions figées d'une séance à l'autre, aucune véritable négociation tout au plus, une discussion polie — tout cela laisse à penser que les interlocuteurs présents à cette table n'avaient aucune marge de négociation.  


Négocier suppose, en principe, de s'adresser à quelqu'un disposant d'un pouvoir de décision et d'arbitrage. On est en droit de douter que ce fût le cas ici.


L'accord a été signé malgré tout, car La CFDT ne souhaite pas priver l'ensemble des salariés de l'unique gain tangible qu'il contient — 100 euros de plus sur la prime vacances. Signer, cependant, n'est pas approuver. 


Il nous semblait utile de le préciser.


À vous maintenant de nous dire si ce constat vous parle, ou s'il mérite d'être nuancé. je reste joignables — un mot suffit. Le dialogue social ne se limite pas à quatre réunions calées d'avance ; il continue, ou pas, dans ce que vous en faites.

 
 
 

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